Burkina Faso : Plan d'Urgence et de Résilience 2018

APERÇU HUMANITAIRE

2018 sera une année difficile pour la population au Burkina Faso, qui est confrontée aux conséquences de la violence et des catastrophes naturelles, et en particulier à l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Le nord du pays est spécifiquement touché, et la situation humanitaire s’y est dégradée en 2017. La région administrative du Sahel est le creuset de vulnérabilités et de risques dus principalement aux tensions sécuritaires. Celles-ci découlent de l’installation progressive d’un mouvement extrémiste d’obédience religieuse et de la présence de groupes armés dans les pays voisins, ainsi que de la criminalité transnationale organisée.

En 2017, 94 attaques ont été recensées, dans lesquelles 114 personnes ont perdu la vie et 71 personnes ont été blessées. En conséquence de cette recrudescence de la violence, il est estimé que plus de 23 500 personnes ont été déplacées à l’intérieur même du pays. En outre, 23 000 Maliens sont réfugiés dans la région du Sahel depuis 2012, vivant dans deux camps et dans des communautés hôtes. Par ailleurs, environ 70 560 personnes, faisant partie de ces communautés hôtes, y compris les familles d’accueil, sont affectées par les mouvements de population.

Depuis le 1er novembre 2017, les opérations militaires se sont intensifiées dans la région du Sahel. Les ONG, les agences de Nations Unies et l’Administration publique ont progressivement vu leurs zones de déplacement s’amenuiser des raisons de sécurité.

Par conséquent, l’espace humanitaire a également été réduit, privant ainsi les personnes habitant dans ces zones de services de base et de protection. Dans les provinces du Soum et de l’Oudalan, dans la région du Sahel, quatre formations sanitaires ont totalement interrompu leurs services de santé, six ont subi des réductions substantielles. Depuis janvier 2018, 141 écoles ont fermé dans ces provinces, engendrant la déscolarisation de 14 477 enfants. Dans la perspective des campagnes de la force conjointe du G5 Sahel, les réfugiés maliens vivant hors des camps seront relocalisés dans les camps de Goudébou et de Mentao.

Il est également attendu que se produisent des mouvements de population spontanés.

La situation nutritionnelle et l’insécurité alimentaire au Burkina Faso est alarmante. Les vulnérabilités liées à la sécheresse et aux déficits de production et de biomasse observés dans la région du Sahel depuis septembre 2017 se sont vues accentuées par une transhumance précoce et une augmentation du prix des céréales dans les marchés. Plus de 950 000 personnes feront face à l’insécurité alimentaire durant la période de soudure de 2018, parmi lesquelles 28% proviendront de la région du Sahel. La prévalence de la malnutrition aiguë sévère (MAS) dans la région est de 4,1%, audelà du seuil d’urgence de 2%. Près de 32 000 enfants risquent de souffrir de MAS en 2018.

Au total, plus de 950 000 personnes auront besoin d’assistance humanitaire en 2018. Les Nations Unies et ONG partenaires estiment avoir besoin de plus de 90 millions de dollars pour couvrir les besoins immédiats de la population affectée par la crise. Cette réponse est complémentaire aux actions déjà prévues et s’inscrit dans le Programme d’urgence pour le Sahel et le Plan de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition du Gouvernement du Burkina Faso.